La crainte de l’abandon : vendredi, 19h, plusieurs tentatives d’appel de Paco, le remplaçant de la dernière chance, qui ne répond pas… aurait-il décidé de ne finalement pas venir ? 19h30, enfin, le voilà !!!!! Pfffff, finalement, la préparation est bien plus stressante que le raid !! ça promet :-)

La concentration, le stress des premiers pas : surtout ne pas regarder les autres équipes, à l’apparence entraînées et pros !! Nous, on essaye de se distinguer par notre originalité : pas de téléphone portable pour appeler les secours en cas d’urgence !! 2 orienteurs qui n’en ont jamais fait, ou pas depuis le lycée !! Quand tout le monde nous explique que si on a un orienteur, ça devrait aller ! L’inquiétude des premiers km : on démarre tranquillement, et rattrape le gros du peloton ; a priori, jusque là, tout va bien ! Et puis, je vois Tof qui commence à devenir rouge, qui semble peiner à suivre, qui n’arrive plus à suivre, que l’on attend, qui a besoin de s’arrêter… Je l’encourage, je l’engueule presque !! Toutes les équipes s’en vont au loin sur la plage. Mais quand le corps ne veut pas, y a rien à faire.

Le plaisir de la compétition, de la course poursuite : sur la 1ère étape en VTT, impossible de m’arrêter, je suis devant, derrière, à droite, à gauche, à aller poinçonner les balises avec Paco, pendant que Guillaume nous crie les indications. On double des équipes, une qui a crevé, d’autres qui n’ont pas su prendre le raccourci que Tof a vu. Ça y est : on est dans la compét’ !! et j’aime ça !! On finit par une ligne droite sur la route, à fond les ballons, je prends le vent pour protéger mes coéquipiers. L’expérience montrera que quelques secondes de gagnées… ça ne sert à rien !! Mais le plaisir d’être devant est plus fort !!

L’énervement : les 1ers signes d’énervement arrivent pendant le kayak… je m’énerve quand Guillaume peine à nous mettre dans la bonne direction, alors qu’il sera un pilote hors pair durant les 3h de pagayage. Lutter contre la marée et cette épreuve interminable, en plein cagnard, rend moins lucide et patient. Aaaghhh. D’ailleurs, je me mets carrément en colère lors de la transition, parce que je ne trouve pas mon cycliste. J’aurai d’autres moments d’énervement, pendant le VTT qui suivra. En fait, jusqu’à l’abandon de Tof, à partir duquel il n’y a plus d’enjeu de classement.

La crainte qui atténue le plaisir : je prends énormément de plaisir à pédaler durant les 4h qui suivent, y compris dans les dunes (que ce fût dur !!). Guillaume est obligé de tempérer mes ardeurs, parce que je pars un peu trop loin chercher des balises. Tu parles d’un capitaine ! C’est Guillaume qui propose un code visuel pour déterminer où chercher les balises. On ne s’en servira finalement pas !! Mais mon plaisir fini par être atténué par les difficultés physiques de Tof, que Paco et moi poussons à tour de rôle, afin qu’il puisse soulager son genou. Je dis à Guillaume que je ne vois pas comment Tof va pouvoir aller au bout. Heureusement, on arrive avant la nuit, et avec le sourire. Là, on s’aperçoit que des équipes ont déjà fini la course à pieds que l’on va entamer ! Mais on est bien et détendus !

La déception de l’abandon : départ de la course à pieds, 1ère balise trouvée immédiatement en contrebas par Guillaume, aux aguets ! Et là, c’est le drame ! Tof n’arrive pas à passer la jambe par-dessus un tronc d’arbre. Il nous faut quelques minutes avant de trancher. On continuera à 3... :-( Ouch, ça fait mal, étant donné que l’un des premiers objectifs était de finir.

La douleur physique : lors des hectomètres qui suivent, dans le sable, ma tendinite se réveille… je traîne la patte, en essayant de le cacher à mes 2 coéquipiers restants. Un abandon, ça suffit. Ça ira mieux une fois chaud, et sorti du sable. Je vole même dès qu’on revient sur le bitume, et Guillaume m’ordonne de ralentir !!

L’adrénaline de l’orientation : en l’absence de Tof, je sens que Guillaume a besoin de soutien. Et je prends vite plaisir, quand il hésite, à jouer les orienteurs. Je m’en sors pas trop mal, sur 2 ou 3 balises vite repérées. C’est finalement beaucoup plus facile que de s’orienter dans une ville ;-) Bon, tout ne sera pas parfait, je nous égarerai le lendemain matin, au début de la course score ! Paco nous sort aussi quelques belles épines du pied. Et des épines, on s’en fout plein les pattes, au sens propre, en passant un bout de temps à chercher une balise introuvable. Finalement, ce sont des gamins du coin qui orientent Paco vers la balise. Ouf ! Guillaume fera aussi des prouesses, en s’orientant à l’azimut !! ça ne marchera pas pour la dernière balise du samedi, parce que nos frontales n’éclairent pas suffisamment, et on n’arrive pas à savoir si on marche sur un chemin ou pas !!

La gestion de la fatigue : Guillaume fait la course VTT de la nuit avec une migraine. On ne peut que gérer et le regarder souffrir dès qu’on l’éclaire. 2 balises nous font tourner en rond, mais finalement, on les trouve toutes, en faisant quasiment le double du kilométrage indiqué par l’organisation !!! Et retour au bivouac à 3h du mat’, en pleine forme ;-) Et vu que Guillaume va se coucher, avec Paco, on décide de prendre un repos bien mérité, et sans doute salvateur pour aller au bout du raid. Une bonne douche et 3h de sommeil, que demande le peuple ?! J’ai adoré la soupe bolino du lendemain matin !!

L’émulation : sur la plage, 5 km au lever du soleil… je souffre, mais guillaume me pousse, et je m’accroche à la foulée d’un participant. Je me retourne souvent, pour constater que l’on est très bien placés et ça aide le moral. Je me rends compte que j’ai vraiment pas des chaussures adaptées pour le sable… je m’enfonce, quand Guillaume vole !! Bon, ok, doit pas y avoir que l’effet des chaussures ;-)

L’euphorie avant la souffrance : durant la course de VTT qui suit, on prend le temps de discuter avec les vainqueurs de l’année précédente, qui ne sont plus que 3. Ils nous disent de garder des forces pour la course Score, qui est décisive pour le classement. Mais on est stimulés par le fait d’être au contact des meilleurs et on met le paquet ! A un pointage, en haut d’une côte qui nous oblige à mettre pied à terre, on nous annonce en 4è position !! Mais moi j’suis cuit… on a tiré des bouts vent de face et je paye mes efforts incontrôlés de tous les secteurs en VTT. Je m’assieds 2 minutes et mange un peu, laissant Paco et Guillaume aller chercher 1 balise. J’écourte la conversation avec un couple de promeneurs qui hallucinent de nous voir faire ce que l’on fait !! Un mauvais choix de notre orienteur fou fou plus tard, on sort d’un sentier au milieu des ronces. Fun !! La balise était bien au bout, mais on a dû faire demi-tour et passer par un chemin plus praticable. C’était la dernière. Mais pédaler dans le sable devient un supplice. Et c’est au mental que je reviens sur mes 2 équipiers pour arriver au pointage. Et dire qu’il faut repartir pour courir après des balises, le plus vite possible. Non mais franchement, là ça devient difficile ! Et la souffrance commence. Je suis incapable de courir pendant la 1ère moitié de la course score. Et mon moral en prend un coup. En plus, l’orientation semble vraiment difficile. Paco et Guillaume donnent tout, mais trouver les balises à 2 relève du miracle. On se donne des points de rdv pour que je m’économise. Ce n’est que sur le chemin du retour que mon genou me laisse tranquille et que j’arrive à suivre. Et là, Guillaume explose. Il a tout donné et fini au ralenti, pour ce qui fût, pour moi, physiquement, l’heure la plus difficile.

Le bonheur partagé : Tof nous fait l’immense joie de nous accompagner sur le bike & run, et ça fait du bien au moral ! Mais que ces 15 kms furent longs… interminables même !! A chaque fois que l’on croise des bénévoles, on demande quelle distance il nous reste. Tof veut taper la discute mais moi j’ai même plus la force de parler !! Cela étant, à la fin, j’avais l’impression de pouvoir continuer à courir longtemps ! Un robot, ou un zombie, au choix !! Et je franchis la ligne en me faisant ma plus belle blessure du we : la pédale de mon VTT m’explose l’arrière du mollet !! 6 semaines plus tard, j’en ai encore la cicatrice ! Mais j’aime avoir mal !! Je crois qu’il faut être maso pour faire un raid pareil. Et avoir envie d’y regoûter !!

points positifs : - l’équipe : homogène, solidaire, soutien, bonne ambiance - le raid en lui-même - l’alimentation et les boissons : pas d’hypo, pas de fringale, toujours du jus

points négatifs et/ou à améliorer : - pour la CO : . un support carte VTT plus haut, pour pouvoir pédaler tout en lisant la carte . mieux préparer le parcours (stylo oui) ou mieux mémoriser pour perdre moins de temps aux croisements . de vraies lampes torches et des piles de rechange !!

- pour éviter au maximum l’orientation de nuit, il faut aller vite le 1er jour : . en améliorant les transitions : il faudrait que l’on ait des bidons en double et un sac préparé par l’accompagnateur pour repartir aussitôt ; quand on voit les classements des secteurs, on est derrière des équipes que l’on a pourtant devancé sur la ligne d’arrivée… hé oui, parce que l’heure de départ est prise avant la transition . que les 2 orienteurs en VTT soient les plus rapides des cyclistes ?

- se reposer le dimanche matin, pour être le plus en forme possible pour la course score